Jonathan Liebesman, 2006
Autant la version de 2005 m'avait fait l'impression d'un sympathique - mais juste sympathique - remake par des fans respecteux du daron et bien bloqués en mode brut
sans trace de cambouis ni débordement - du brut bien rangé, dans la mouvance actuelle qui en réclame à tort l'arigo, (c'est devenu de l'usinage comme je l'ai déjà dit ailleurs), avec quelques
effets moisis (le générique Faites entrer l'accusé ou le côté "ceci est une histoire vraie" mal réutilisé), autant cet épilogue, dont je n'attendais absolument rien et que je pensais être moins
bon que le remake au vu des échos, m'a beaucoup plu, mes petits agneaux confits.
En fait je me rend compte qu'il est pas si différent du remake 2005 - je veux dire, le côté seventies en toc, les tons sépias, un leatherface toujours aussi bébé
cadum, mais physiquement plus stylé, rough dans le sens moderne, façon butcha, plus la version originale si malsaine avec son costar qui faisait danser sa tronçonneuse comme un damné; plutôt un
Leatherface patator mais sobre, massif mais pas écrasant de présence, le face-de-cuir millenium quoi --- on reprend les même et on recommence; il y'a toujours ce gros côté brut in our face - mais
dans l'esprit, il est plus proche du deuxième (que j'adore) dans le sens où la déconne est toujours borderline, à la lisière du malsain, de l'incommode, au risque d'en faire trop, de se laisser
aller dans l'indécent, le barbare, sans prévenir - après le mode tension jouissive (excellente idée d'avoir incorporé cette bande de bikers qui ne demande qu'à tâter de la lame) - ça déconne oui,
on sourit beaucoup, souvent, le côté comique fonctionne de ce côté là, plus on frôle le carnage plus on se dit que ça sera peut être pas si drôle, finalement; les texans jouent à qui sera le plus
cruel, ça rue dans les brancards, ça ricane dans ton dos, en te lattant, en te mettant le cul sur la tête - notre sergent Hartman excelle dans les répliques bien fendardes ("eh bien, on dirait
que j'ai éliminé toute présence judiciaire" ahahahah), le désossage et le sadisme bon enfant - bon enfant ? Mmmmoui, et en même temps mes brebis, il y'a un plus par rapport aux versions
précédentes, ce gros côté tragique-catchy (un peu à la façon de Aja dans la colline à des yeux, dans les passages de fin avec la musique superman, pou ceux qui remettront) avec quelques moments
courts mais vraiment bluffants,sombres, dramatiques, soudainement, sans raison; on en fait des tonnes en y croyant, sans forcément se cacher derrière un second degré bien confortable; Leatherface
est toujours ce gros nounours naïvement dévoué à la familia, qui elle est toujours aussi bonnarde à regarder. La chair à tronçonneuse, et c'est peut être bien là la cerise, se défend avec hargne
et panache - nos victimes habituelles, celle à qui on hurle "mais casse toi connasse il est derrière toi !" on bel et bien disparu du langage; les scénaristes se seraient-ils rendu compte qu'on
peut les pourvoir d'un cerveau ?
Par Kopfkino
Vendredi 15 août 2008
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Publié dans : Eté
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On les aime quand même