Partager l'article ! Couille provençale appartenant à une chanteuse de R'n'b française (interprète entre autres d'une reprise de Michel Berger et de "Les enfants de l' ...


Ah ouais ah bon… mh mh, je vois… Quoi ? Mais qu’est-ce que tu veux que je te dise mon Quentin ? Que tu nous gonfle ? Même pas… Pauvre clown invertébré ! Même Robert a été fichu de réussir son Planète Terreur sans se regarder le torse alors qu’il y’avait bien plus matière à débandade, tsss… en fait je vais tout t’avouer, et tu vas m’entendre mon salaud, parce qu’on m’arnaque pas trois fois : tu m’inquiètes, je deviens indifférent de toi. L’indifférence y’a rien de plus cruel y paraît, c’est ce qui te rend indifférent qui craint dans la vie et qui fait qu'il y'a la guerre dans le monde et qu'on écrase des chats sans se retourner – « tout mais pas l’indifférenceeeuh, tout mais pas ce temps qui meurt » comme dirait ce chanteur juif à front panoramique dont j’ai oublié le nom. Quentin, tu crains de + en +, tu patauges dans ton caca et ça me chagrine beaucoup - je me souviens encore d’il y’a quelques années (oh, disons trois- quatre ans), quand j’aimais vanner sur ton menton, avec infiniment plus de tendresse que de cruauté. Mais sympathie & crédulité n’ont qu’un temps mon mignon – les larmes ont séché. Les blagues se sont ramollies, l’humour et la dérision se sont flétries, ridées comme la surface de la cancoillotte chaude et aujourd’hui j’ai l’impression de ne plus avoir envie de toi, de te voir comme ma grand-mère à l’hospice, le regard vide et à peine capable de tenir une tasse de thé sans éclabousser ses croquenots. Tiens, prend une serviette tu vas encore en mettre partout.
A chaque fois c’était le même piège avec toi, sacripant d’enculé de fennec : je te crachais au museau par pure gratuité, je te crachais dans le dos et ça me faisait marrer, mais je savais que c’était par amour, d’une certaine façon. Parce qu’à chaque fois j’étais le premier à me précipiter pour voir TON dernier film, à chaque fois depuis Jackie B. (qui est ton œuvre la plus pantouflarde mais finalement, la plus humble et sincère), je me faisais avoir. Parce que j’ai de l’affection pour ta sale face de bâtard, et tu le sais. Parce que le mec qui a fait Pulp Fiction et donné son rôle le plus jouissif au grand Madsen ne peut être vraiment mauvais…
Aujourd’hui c’est plus comme avant, tu te vautres dans tes propres déjections, tu te regardes la zigounette mais tu te pinces le prépuce en urinant pour lui donner du volume, tu machouilles tes souvenirs de ciné-club, tu utilises des acteurs cultes comme une brêle, et tu nous prends pour des billes avec tes références de plus en plus fumeuses, et cette manie bien mal placée de croire que tes cabotineries feront mouche sans effort scénaristique - mais les honnêtes et naïves gens comme moi suivent parce qu’ils ont l’impression de découvrir quelque chose qui soit stimulant ou au pire rafraîchissant ; sauf que non, t’inventes plus, tu recraches fade, y’a plus de grumeaux, plus de piquant, y’a que du fond de tasse de kawa sans l’amertume, t’es comme un chiard qui montre les dents au pied de papa-maman quand il a pas eu sa dose de papillotes - on te voit pas, t’es rien du tout - la péloche de ton petit dernier a beau avoir été frottée sur le bitume, c’est lisse comme un cul de collégienne, c’est que de la forme plate ta plate-forme mon Quentin, tu sais plus aligner trois mots sans devenir monotone, tu fais de la pose sans rien derrière, de l’image bien sage, tu grommelles tes vieilles resucées de répliques comme un papy qui a depuis longtemps oublié l’odeur des culottes, pauvre de toi – même niveau dialogues t’as trouvé le moyen de tomber dans la fadeur la plus totale, tout comme dans cette ambiance sans ambiance, cette frime sans piquant, cette coloration sans pigment, alors que le deuxième volume de KB, aussi moyen qu’il est et aussi imbuvable soient ses protagonistes, pouvait au moins se targuer d’avoir quelques moments forts et une vraie atmosphère, et avait la décence de ne pas faire comme son regrettable aîné le yellow number one (du cliping relou pour les gamins sans imagination), d’avoir une personnalité plus prononcée, surtout. Ici, même le gimmick des panards qui aurait pu me faire sourire est complètement raté ; les filles ? Du polystyrène ; seul mon poteau Kurt surnage, mais parce qu’il est Kurt, ce mec qui s’appelait autrefois Snake Plissken, même dans Backdraft je le kiffe tu sais, cet enfoiré de baroudeur, ça n’est donc pas du tout une preuve de réussite qu’il aie la classe ici, oh que non : il est seul dans le vide intersidéral de ce film à dialogues neutres qui se regarde le nombril en attendant un miracle, c’est tout, et je me rabat sur lui pour tenir le coup. Comme dirait Bobby à Kevin Costner dans les Incorruptibles : « t’es qu’une insigne et du bla-bla ».
Ouais, t’es devenu une bien triste loque mon Couenne-tine – mais j’attends toujours que le miracle (hypothétique) de la vieillesse se produise sur toi comme sur d’autres ; les rides de ton front THX finiront peut être par se transformer en plis de graisse qui s’épaissiront et se chevaucheront les uns sur les autres jusqu’à retomber sur ton blair puis recouvrir ta grande gueule de fouinasse ; et peut-être qu’à force de t’enfoncer dans la fosse septique, tu toucheras le fond. Y’a un chanteur de hip-hop qui a dit que pour remonter à la surface il faut creuser. Peut être qu’il a raison.
On les aime quand même